À l’occasion de la Journée nationale des enfants, le 20 novembre, prenons un moment pour nous rappeler que les enfants ont des droits et que les adultes ont une responsabilité importante : celle de créer les conditions qui permettent à ces droits d’être réellement vécus au quotidien.

Être un adulte significatif, ce n’est pas seulement répondre aux besoins de base d’un enfant. C’est aussi l’écouter lorsqu’elle ou il vit une difficulté, l’accompagner sans jugement, respecter ses goûts et ses intérêts, lui permettre de participer aux décisions qui la ou le concernent et veiller à ce qu’elle ou il se sente en sécurité, même lorsque l’adulte n’est pas présent.

Concrètement, cela peut vouloir dire prendre le temps de demander à l’enfant comment elle ou il va et écouter réellement sa réponse, accepter qu’elle ou il préfère le dessin au soccer, lui laisser choisir entre deux options adaptées à son âge ou encore lui apprendre à se tourner vers un adulte en qui elle ou il a confiance.

Donner une place aux droits des enfants, c’est leur montrer par nos gestes qu’elles ou ils comptent, que leur voix a de la valeur et qu’elle ou ils peuvent compter sur les adultes qui les entourent.

J’ai le droit…

… d’être écouté.e et aidé.e quand je vis des difficultés.

Une fille vit une difficultéVivre une difficulté ne signifie pas qu’on doit la traverser seul.e. Chaque enfant a le droit d’être écouté.e, rassuré.e et aidé.e lorsqu’une situation lui semble difficile, décevante ou simplement lorsqu’il ou elle passe une moins bonne journée.

Par exemple, une mauvaise note à un examen ou un bulletin qui ne correspond pas aux efforts fournis peut apporter de la déception, de la tristesse ou de la frustration. Dans le sport aussi, il peut arriver qu’un match ne se déroule pas comme prévu, qu’un but soit accordé alors qu’on croit qu’il ne devait pas l’être, ou qu’une défaite soit difficile à accepter.

Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse : c’est une façon de prendre soin de soi et de trouver du soutien lorsqu’on en a besoin.

… de choisir mes passions sans ressentir de la pression.

Un garçon et ses passionsChaque enfant est unique. Ses intérêts, ses talents et ses passions peuvent être différents de ceux de ses parents, de ses amis ou de ses frères et sœurs. Un.e enfant peut aimer le hockey, alors qu’un.e autre préfère danser. Certain.es adorent les sciences, d’autres aiment cuisiner, dessiner, jouer de la musique, construire, lire ou passer du temps dans la nature.

Le rôle de l’adulte n’est pas de choisir la passion de l’enfant à sa place, mais de lui permettre d’explorer ce qui l’intéresse.

… de faire mes choix sans qu’on décide toujours pour moi.

Un garçon fait un choixLes adultes doivent évidemment établir certaines limites pour assurer la sécurité et le bien-être des enfants. Toutefois, protéger un enfant ne signifie pas nécessairement décider de tout à sa place.

Les enfants ont aussi besoin d’apprendre à faire des choix, à exprimer leurs préférences et à comprendre les conséquences de leurs décisions. Selon leur âge et leur niveau d’autonomie, on peut leur donner de petites occasions de participer : choisir leurs vêtements parmi quelques options, décider de l’ordre dans lequel elle ou ils feront leurs devoirs, choisir une activité familiale ou encore donner leur opinion sur une situation qui les concerne.

Leur demander leur avis ne signifie pas que l’adulte doit toujours dire oui. Il peut parfois répondre : « Je comprends que tu aimerais ça, mais cette fois-ci, ce n’est pas possible. Voici pourquoi. »

… de me sentir en sécurité, même quand tu n’es pas à mes côtés.

Une fille en sécuritéLa sécurité d’un.e enfant ne repose pas uniquement sur la présence physique d’un.e adulte. Elle se construit aussi à travers les repères, les connaissances et les personnes de confiance qui l’entourent.

Un.e enfant devrait savoir qu’elle ou il peut demander de l’aide lorsqu’une situation le rend inconfortable, qu’elle ou il peut exprimer ses limites et qu’il existe des adultes vers qui elle ou il peut se tourner.

Préparer un enfant à être autonome ne signifie pas lui faire peur ou lui faire porter la responsabilité de sa sécurité. Il s’agit plutôt de lui donner des outils adaptés à son âge : connaître les adultes de confiance, comprendre qu’elle ou il peut parler d’une situation qui la ou le préoccupe et savoir qu’elle ou il sera écouté et soutenu lorsqu’elle ou il demande de l’aide. La sécurité se construit également dans les relations quotidiennes. Un.e enfant qui sait qu’elle ou il peut parler ouvertement avec un adulte significatif est mieux outillé pour aller chercher de l’aide lorsqu’elle ou il en a besoin.

Pour aller plus loin :

Et si on choisissait des mots qui donnent une direction?

Au quotidien, les mots que nous utilisons avec les enfants peuvent faire une grande différence. Plutôt que de mettre constamment l’accent sur ce qu’elles ou ils ne doivent pas faire, nous pouvons leur indiquer clairement ce qu’elle ou ils peuvent faire.

Au lieu de dire… → On peut dire…

« Ne cours pas! » → « On marche dans le corridor. »
« Ne crie pas! » → « On parle avec une petite voix. »
« Ne touche pas à ça! » → « Tu peux regarder avec tes yeux. »
« Arrête de bouger! » → « On garde notre corps calme. »
« Ne pousse pas ton ami! » → « On garde nos mains pour soi. »
« Ne dis pas ça! » → « On choisit des mots respectueux pour parler des autres. »
« Arrête de faire ton bébé! » → « Je vois que c’est difficile pour toi. Comment puis-je t’aider? »
« Ne pleure pas! » → « Tu peux prendre le temps de vivre ton émotion, je suis là. »
« Tu ne peux pas décider! » → « Je vais t’expliquer les choix possibles et tu peux me dire ce que tu préfères. »
« Ne fais pas de bêtises! » → « Je vais te montrer ce qui est attendu. »

Parce que les mots sont aussi une façon d’accompagner

Adopter un langage positif ne signifie pas laisser tout faire aux enfants ou éliminer les limites. Les limites demeurent nécessaires. La différence se trouve dans la façon dont nous les communiquons.

Une consigne positive indique à l’enfant ce qu’on attend d’elle ou de lui et lui donne une possibilité d’agir.

Par exemple, lorsqu’un.e enfant court dans un endroit où elle ou il doit marcher, lui dire « On marche ici » est plus concret que simplement lui dire « Ne cours pas ». Lorsqu’un.e enfant parle très fort, « On utilise une petite voix » lui indique directement ce qu’elle ou il peut faire.

Cette façon de communiquer peut également nous amener à réfléchir à notre rôle d’adulte. Sommes-nous uniquement en train de corriger un comportement ou sommes-nous en train d’enseigner à l’enfant ce qu’elle ou il peut faire à la place?

Les enfants apprennent beaucoup à travers nos paroles, mais aussi à travers la manière dont nous leur parlons. En choisissant des mots qui encouragent, qui expliquent et qui donnent des repères, nous contribuons à développer leur autonomie, leur confiance et leur capacité à faire des choix.

Et parfois, changer un simple « ne fais pas » pour un « voici ce que tu peux faire », c’est déjà une façon de donner une plus grande place à l’enfant.

Donner une plus grande place à l’enfant

Donner une place aux enfants, chaque jour

La Journée nationale des enfants est une occasion de célébrer leurs droits, mais aussi de nous questionner collectivement sur la place que nous leur accordons.

Les droits des enfants ne devraient pas être seulement des phrases que l’on souligne une fois par année. Ils doivent se traduire en gestes concrets, dans nos familles, dans nos écoles, nos milieux de garde, nos organismes et dans toutes les communautés.

  • Écouter.
  • Encourager.
  • Laisser choisir.
  • Protéger.
  • Accompagner.

Ce sont parfois de petits gestes qui peuvent faire une grande différence. Parce que derrière chaque droit se trouve un.e enfant qui mérite de se sentir écouté.e, respecté.e, soutenu.e et en sécurité.

Et si, cette année, pour la Journée nationale des enfants, nous commencions par une question toute simple :

« Qu’est-ce que je peux faire, comme adulte, pour donner un peu plus de place aux enfants? »

Comment faire une différence?

Chaque adulte a un rôle à jouer. La Journée Nationale des Enfants est, entre autres, une occasion de se mobiliser, de s’informer et de poser des gestes concrets pour faire avancer cette cause essentielle.

Voici quelques gestes concrets pour contribuer à la reconnaissance et au respect des droits des enfants :

Ruban bleu

  • Le 20 novembre, porter le ruban bleu, pour afficher son engagement envers les droits des enfants.
  • Parler des droits des enfants dans son entourage, à l’école, au travail, dans la communauté. Visitez la page de la campagne « J’ai le droit d’être un enfant » pour plus d’informations.
  • Utiliser les outils éducatifs pour informer et sensibiliser les enfants sur leurs droits.
  • Créer des espaces d’écoute et de dialogue où les enfants se sentent en sécurité pour s’exprimer.
  • Agir en cas de violence ou de négligence, en écoutant et soutenant les enfants et en dénonçant des situations.

Une campagne qui dure toute l’année!

La campagne « J’ai le droit d’être un enfant » nous rappelle que le respect des droits des enfants n’est pas une option, mais une nécessité. Une obligation citoyenne. En tant qu’adultes, nous avons le devoir de les protéger, de les respecter et de les promouvoir.

Au-delà du 20 novembre, restons mobilisés pour assurer à tous les enfants une enfance en sécurité et sans violence. En tout temps.

Pour aller plus loin :

  • Explorer la Zone parents où vous trouverez des outils pratiques pour accompagner votre enfant.
  • Découvrez la Zone jeunesse qui comporte des ressources adaptées aux enfants.

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